Réflexions & Confidences

Voyager n’est pas une chance

voyager n'est pas une chance
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Ecrit par Pauline

Il y a des phrases comme ça qui ont le don de me titiller. Dans le Top 5 trône fièrement « Tu as trop de chance de voyager », à côté de « Han ! Moi aussi, j’adorerais ! ». Que les choses soient claires dès maintenant : Non, je n’ai pas de la chance de voyager. Je vous explique pourquoi.

La “chance” ?

Dans le dictionnaire, la « chance » est définie comme suit :

« Tout événement favorable ou défavorable qui peut résulter de conditions qui ne nous sont pas connues. Possibilité, probabilité que quelque chose (surtout un événement heureux) se produise. Hasard heureux. »

J’ai beau chercher, je ne trouve aucun lien avec le fait de voyager. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il ne me suffit pas de m’asseoir dans mon canapé et d’espérer que la chance me sourie. Je n’attends pas que le hasard me soit favorable et qu’un billet d’avion me tombe dans les mains. Non, cette opportunité, je la provoque.

Oui, mais moi… Oui, mais toi…

A ceux qui me rétorqueront « Oui mais c’est facile quand on a de l’argent », je vous arrête tout de suite. Mes premiers voyages, je les ai faits alors que mon seul revenu était ma bourse étudiante de  450 € par mois et mes seules économies l’argent qu’il me restait de mes 3 mois chez Mc Do. Évidemment, avec ça, on ne part pas très loin. Mais on trouve toujours des bons plans. Vols low cost, Couchsurfing, échanges universitaires, jobs à l’étranger…

Après mes études, j’ai trouvé un super boulot mais avec un salaire dans la moyenne basse française. Cela ne m’a pas empêché de voyager, au contraire. Je suis partie plus longtemps et plus loin.

L’argent n’est donc pas un frein. Certains ont même fait le tour du monde sans un sou en poche (Benjamin ou les Optimistic traveler par exemple)

Tout est une question de choix

Je ne suis pas matérialiste. Je n’ai pas d’Iphone, pas la tv dernier cri, pas de meubles à moi, pas d’abonnement au câble. Je ne me suis pas endetté dans l’achat d’un appart’, d’une voiture, je ne m’achète pas des nouvelles chaussures tous les mois. Et pourtant, je suis heureuse. Je vais au ciné, je bois des bières, je mange bio… et je voyage.

Lire l’article : 10 pistes d’économies pour voyager plus

Tout est une question de choix et de priorité. La mienne est de me donner les moyens de découvrir le monde. Je ne suis pas faite pour une vie de bureau. En tout cas, pas pour les meilleures années de ma vie. Celles où je suis en bonne santé et sans attaches.

Cela dit, beaucoup de collègues blogueurs vous diront que les enfants ne sont pas nécessairement un obstacle aux voyages. Voyez plutôt tous ces blogs de parents partis sur les routes en famille : Le tour du monde à 80 cmBasket et Sac à dos, Maman voyage, PYM autour du monde, 3 pas en avant

D’autres vous diront qu’être handicapé n’en est pas un non plus : Audrey (Roulettes et sac à dos), Raphaël (Yes Wheels Can)…

Sortir de sa zone de confort

Arrêtons de nous donner de fausses excuses. Si toi aussi tu veux voyager, partir à l’aventure, quitter la routine métro-boulot-dodo, il suffit de le décider. Tu n’as qu’une vie, ne la gâche pas si tu sens que c’est de ça dont tu as envie. Mais peut-être que ce que tu veux, c’est faire de l’art avec des feuilles de bananier, devenir animateur de TPMP ou astronaute. Bon ok, pour devenir astronaute, la motivation ne suffit pas.

L’important c’est de ne pas se créer soi-même des freins et ne pas devenir spectateur de sa propre vie. Sortir de sa zone de confort est difficile mais extrêmement épanouissant.

La peur de faire fausse route

Plus le départ de mon voyage autour du monde en solo approche, plus je me pose un milliard de questions… Est-ce vraiment ce que je veux ? Vais-je supporter de partir seule si longtemps ? N’est-ce pas trop risqué de laisser ma carrière de côté ? Pourquoi je ne me servirai pas de cet argent pour investir dans un patrimoine ? Pourquoi je ne penserai pas plutôt à me poser, à envisager une relation stable, et pourquoi pas avoir des enfants ?

C’est vrai… Finalement j’ai tout ce que je veux en France. Ma famille, une superbe maison en coloc, des amis et des collègues géniaux, un boulot épanouissant. Mais dès que je pars sur les routes, j’arrête de me poser toutes ces questions parce que je sais que c’est exactement là que je dois être… Partout et nulle part à la fois.

Un peu de chance tout de même ?

Bon ok… Il faut bien avouer qu’il y a tout de même une petite part de chance dans le fait de pouvoir voyager. Le fait d’être née française, notamment. Ce paramètre rentre bien dans la définition de la chance, du sort favorable, d’un hasard heureux. Être née dans ce pays grâce auquel les passages de frontières sont, la plupart du temps, simplifiés. Un pays qui a créé de nombreux partenariats avec d’autres pour faciliter l’accès au travail pour ses ressortissants. Un pays où mon niveau de vie me permet de voyager dans beaucoup d’endroits sans me ruiner.

C’est vrai… Alors toi qui a cette chance, feras-tu le choix de vivre tes rêves ?

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12 Commentaires

  • J’ai un article dans la même veine dans les tuyaux, et je crois que ce sujet est universel ! C’est interessant de voir ce qui nous rend dingos dans cette phrase tueuse, d’un voyageur à l’autre ce ne sont pas les mêmes choses qui ressortent … mais effectivement, mon quota de patience face à cette bombe verbale commence à diminuer :p

    • Ahah, c’est vrai qu’au début je n’y faisais pas attention mais à force, ça devient épuisant quand on sait les sacrifices que l’on fait pour pouvoir voyager 😀

  • Pareil. Je ne supporte plus ces gèns qui ne me comprennent pas et qui me disent t’as de la chance Ben oui t’as pas d’enfant tu profites. Je vois pas le rapport je cumule 3 jobs je m’occupe de ma famille je sors jamais prendre un verre en terrasse ni ne vais à des concerts ou autres plaisirs qu’ils s’octroient chaque jour. Bref question de choix cest tout.
    Et le pire c’est ces pseudos amis qui disent oh le prochain je viens avec toi. Ok je vais traverser Oman en velo. Ok je viens et deux semaines avant le départ ils inventent une excuse bidon pour te dire qu’ils peuvent pas venir.
    Vivement que je trouve un mec comme moi ou une copine pour ne plus partir seule. Même si je n’attends personne pour faire mes aventures. Et que je ne les raconte pas vraiment.

  • Salut!
    Je suis plutôt d’accord sur le fait que ce n’est pas une chance dans le sens où nous nous sommes donné les moyens de réaliser ce voyage. Un tour du monde pour ma part. (Actuellement en Indonésie 🙂 )
    Oui bien sur nous sommes Français et ça aide. Mais nos lecteurs sont Français aussi après tout.
    Personnellement j’ai créé mon blog voyage pour donner envie aux gens de voyager plus mais surtout de les aider à sauter le pas. Encourager ceux qui n’osent pas, et leur expliquer que ce n’est pas une chance mais bien le résultat d’une volonté payé cher en concessions.
    Du coup, j’avais écris un article où je raconte les quelques mois précédant le grand départ, avec une petite parenthèse sur cette “chance”! 🙂
    Je vous invite à le lire, il est dors et déjà très apprécié, si je dois vous convaincre. 😉
    C’est par ici : http://unvoyagesansnom.com/tour-monde-etats-dames-davant-depart

    À bientôt,
    Simon, du blog voyage : Un Voyage Sans Nom

  • Hello, je ne connais pas encore bien ton blog, et suis tombée sur ton article quelque peu par hasard. Cependant son titre seul m’interpelle bcp. En effet, par moi meme, je voyage bcp. Ce, quelque soit le planning ou le budget. Cependant, considérer le voyage comme une echappatoire d’un quotidien morne et fade est quelque peu réducteur. Le voyage est en effet une opportunité que l on saisi et non pas une question d’argent. Cependant, tu le conçois pourtant ds ton dernier paragraphe, mais il faut aller plus loin et se l’avouer, certaines personnes possèdent quelques parachutes dorés. Que cela soit d un point de vue social, de santé ou de géo-localisation, les personnes ne partent pas avec une meme équité. A moins que tu n’ecrive ce blog pour les deux trois copines qui t ennuient a avoir fait fes choix différents et envie parfois les tiens, le monde entier ne pourra pas s’offrir ce a quoi nous avons si facilement acces. Le voyage est avant et contre tout, une découverte, un cadeau et bel et bien une chance.

    • Je ne suis pas d’accord sur ton analyse. Je ne parle pas seulement d’argent mais des freins que j’entends régulièrement : les enfants, la santé, l’âge, etc. Or, de nombreuses personnes voyagent malgré des handicaps lourds parfois. Si l’envie de voyager est si forte, on peut se donner la possibilité de réaliser ses rêves. Je dis bien “on peut” et je considère que ceux qui se contentent de dire qu’ils adoreraient faire la même chose mais ne le font pas n’ont pas une envie profonde de le faire ou ne s’en sont pas donner les moyens. On parle ici de voyage mais ça s’applique à toute notre vie. Qui d’autre que soi-même a réellement le pouvoir de changer sa vie ?

  • Bande de petits bourgeois gattés sans en avoir conscience, bien pensant égoiste, une chambre doit surement vous attendre chez papa maman entre 2 voyages, quand vous travailler c’est de l’argent de poche pour vos voyages, vous ne payez aucune charges, vous ne participez en rien au bien commun
    j’espere que vos proches n’aurons pas besoin de vous ça je suis pas sure que vous puisiez leur être d’une quelconque assistance vu que vous ne possedez rien parce que vous êtes des super “non matérialiste” et que “l’argent c’est nul” parce que vous n’e connaissez pas la valeur

    • Oh, un gentil troll <3 Je ne sais par où commencer tant ce que tu dis est plein de bon sens et poétique. Moi ma question c'est surtout... que fais-tu sur un blog voyage à cette heure-ci ? Sûrement levé de bon matin pour partir au charbon. Bisou chez toi.

    • Sûrement un troll mais bon, ce genre de commentaires m’interpelle toujours. Comme si Thomas connaissait toutes les personnes qui se sentent concernées par cet article. Je rentre d’un voyage au Japon, et pourtant, je n’habite pas chez papa-maman, je suis freelance, je paie donc des charges, en plus du loyer exorbitant de mon appartement en région parisienne. Mais comme l’a dit Pauline, il faut savoir choisir ses priorités. Personnellement, cet article m’a interpellée, car je me suis fait la même réflexion avant mon départ et à mon retour, à la dixième occurrence de “t’as trop de la chance” ! Tu as bien résumé ma pensée 🙂

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